Le compas un Heritage mal partagé
En 1955, Nemours Jean-Baptiste forme en compagnie de son compère, le saxophoniste, chef d’orchestre et arrangeur Webert Sicot, le Conjunto International[2]. Le 26 juillet de la même année, à Port-au-Prince, en Haïti, l’orchestre donne son premier concert. Quelques semaines plus tard, Webert Sicot quitte cette formation. Le Conjunto International devient L’Ensemble aux callebasses[3]. Au début, les rythmes principaux que jouent Nemours Jean Baptiste et ses musiciens sont fondés sur le genre populaire Grenn Siwèl, encore appelé en Haïti le Twoubadou, ainsi que sur la méringue et le quadrille haïtiens. L’orchestre interprète également des morceaux originaux joués sur des rythmes cubains tels la Guaracha et le son montuno. En 1957, Nemours Jean-Baptiste (avec l’assistance des frères Duroseau, Kreudzer et Richard), invente — graduellement — le compas direct[4]. C’est la naissance d’un genre et d’une culture musicale[2].
La musique urbaine cubaine basée sur le concept de big band des États-Unis et du jazz influence fortement le compas direct. La présence des instruments à vent comme le saxophone, la trompette, le trombone pour ne citer que ces instruments, et la composition même des premiers groupes illustrent le lien entre ces deux styles musicaux. Ce lien de filiation explique la présence du terme band dans les appellations choisies par de nombreux groupes : Magnum Band, System Band et l’organisation des groupes autour d’une sorte de chef d’orchestre, leader du groupe. Avec la contredanse Kwaze le 8 venue du sud d’Haïti, le compas participe à la culture haïtienne[5]. Il connaît, durant les années 1970, un grand succès dans les caraïbes. Nemours Jean-Baptiste a introduit également dans ses formations la guitare électrique, la basse, des percussions telles que le floor tom, et à la fin des années 1960 l’orgue ou le piano[2].
Compas digital

En 1986, au moment où de grands noms du compas commencent à constater que ce genre musical est en train de s’essouffler, le leader du groupe Top-Vice, Robert-Charlot Raymonvil, introduit un nouveau concept qui devient un phénomène : le « compas digital » ou « compas nouvelle génération ». Ce groupe de trois musiciens, apparu sur la scène Compas de Miami au sein de la communauté haïtienne de cette ville, fait à ses débuts l’effet d’un OVNI musical.
La présence dans le groupe d’un des piliers du compas haïtien, Henry Celestin, recruté peu de temps après sa création, est déterminante : il introduit un nouveau style de rythme, basé sur une présence répétitive et rythmée de la guitare avec effets (delay, super-chorus), et un groove que les Haïtiens baptisent rapidement le kite’l maché (« laissons tourner »). Une boîte à rythmes se substitue bientôt aux percussionnistes. Un synthétiseur se substitue quant à lui à la section de cuivres traditionnelle[6]. Toute une génération de jeunes musiciens (Sweet Micky, Carimi, Konpa Kreyol, Degré Konpa, Ti-Kabzy, T-Vice, etc.) profitent de cette opportunité pour rafraîchir le compas direct et l’ouvrir à des influences musicales telles que le rap, le hip-hop, le RnB, le reggae et le raggamuffin. Il faut aussi souligner l’impact d’Ansyto Mercier et de son groupe Digital Express au début des années 1990[

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